Quand on reviendra en arrière, on se rendra peut-être compte que tout a commencé le 11 mai, puisque c’est le jour où des décisions on été prises par le gouvernement Sarkozy à l’encontre de tous les conducteurs et particulièrement des motocyclistes.

Parmi celles qui me paraissent les plus débiles il y a l’obligation du port du gilet jaune, que nos technocrates justifient par la moindre visibilité des conducteurs de deux roues, alors que l’allumage permanent des feux est déjà obligatoire pour toutes les motos. Et puis dire que l’on n’est pas visibles, est-ce que ça ne tient pas plutôt de l’excuse que de la véritable cause ? (Si tu veux savoir ce que j’en pense, tu peux cliquer là ).

Mais ça n’est pas la seule décision débile. J’y ajouterai aussi l’obligation de l’augmentation de la taille de la plaque d’immatriculation (qu’on m’explique en quoi ça pourrait diminuer les accidents ?) et la suppression des panneaux avertisseurs de radar. D’ailleurs quand ils seront tous supprimés, tiendra-t-on une statistique pour savoir combien d’accidents et de morts, on devra aux coups de freins intempestifs donnés par les conducteurs en excès de vitesse découvrant au dernier moment la boite à fric au bord de la route ?

Mais je ne vais pas trop m’étendre sur la bêtise relative de ces mesures, d’autres l’ont fait mieux que moi. [lien]
Non. Ce qui m’intéresse ici c’est la manière de lutter contre.

Dès le lendemain de ce funeste CISR, la FFMC a réagi en expliquant que les motards ne se laisseraient pas faire et manifesteraient dans l’ensemble de la France. Si je ne peux être a priori que d’accord avec cette réaction, puisque ne rien faire serait accepter dès le départ de se laisser tondre la laine sur le dos, je m’interroge quand même sur le résultat de telles manifestations. Des grands cortèges, la rue en a vécu récemment, pour les retraites par exemple et le dénouement est maintenant connu : les manifestations ont été sans effet, la loi décidée par le gouvernement a été appliquée. Et puis la machine de communication de l’ennemi marche toujours à plein régime. Alors à la télévision et dans la presse aux ordres, on n’a parlé de ces mouvements que pour montrer à quel point ils sont perturbateurs pour l’homme de la rue. Les manifs c’est la chienlit, et ça empêche de travailler (comprendre de travailler plus pour gagner moins). De toute façon, que faut-il attendre d’un président qui disait fièrement pendant sa campagne que « ce n’est pas la rue qui commande » ?

Malgré tout, comme pas mal de motocyclistes, pensant à ce futur pas rose qui m’attendait sur deux roues, j’étais déjà décidé à participer à ces manifs. Mais en me demandant à quoi pourrait ressembler un autre type d’action qui soit vraiment efficace. Et puis la solution m’est apparue à travers les réactions des entreprises qui fabriquent et distribuent les avertisseurs de radars. Eux n’ont pas mis longtemps à réagir. Dès le surlendemain, ils interpellaient le gouvernement en expliquant qu’ils étaient créateurs d’emploi et que l’interdiction d’utiliser leurs appareils mettrait aussitôt des milliers de gens au chômage.
Je ne suis pas devin, loin de là. Mais je serais prêt à parier qu’en l’état actuel, si quelques mesures devaient être abandonnées, celle qui concerne ces appareils en ferait partie, parce qu’effectivement si l’homme politique de petite taille n’écoute pas la rue, souvent il entend bien les voix de ses amis les chefs d’entreprises.

Alors imaginons que dès demain nous soyons des milliers, voire des millions à réaliser que faire de la moto dans les conditions que l’on nous promet, ne nous donne pas cette impression de liberté que nous aimons. Imaginons que tous, nous commencions à envisager de raccrocher les cuirs et de poser les casques sur les étagères. Et imaginons que ce sentiment de résignation et de dégoût, nous le racontions à tous les constructeurs et importateurs de motos. Si par exemple tous, on  consacrait quelques timbres ou quelques mails à dire à tous ces gens qui vivent de notre passion que dans ces conditions, nous envisageons d’arrêter de faire de la moto. Ou différemment et plus simplement, demandons leur, quelles actions ils comptent mener auprès du petit président pour intervenir en notre faveur, pour que nous ayons toujours envie de faire de la moto. Est-ce que ça ne pourrait pas débloquer la situation ?

On peut se poser la question.

On peut d’ailleurs aussi se la poser, si dans la pile de lettres à envoyer, on en ajoutait une qui dirait « Mr le président. Vous venez de décider de mesures que je considère particulièrement discriminatoires envers les motards. J’en suis un. Aussi, à moins que vous ne reveniez sur votre décision, je ne voterai pas pour vous ou votre parti en 2012 » Tout ça dans une enveloppe non affranchie, c’est pas la peine.

2012_n

PS : pour finir, puisque c’est l’occasion, je voudrais revenir sur un commentaire précédent, qui me demandait pourquoi toujours parler de « ce gouvernement (de droite) », sachant que tous les partis peuvent mener une action anti-motard. Je crois que cette fois-ci la réponse s’impose d’elle-même, tant depuis quelques années, toutes les décisions iniques ont été votées par ce gouvernement (de droite donc) et l’homme qui le représente.
A bon entendeur…