En dehors du week-end de course au Mans et de la place sur le podium de Rossi, depuis deux ans les courses de MotoGP sont pour moi d’un ennui quasiment létal. C’est vrai que depuis l’annonce de la prochaine retraite de Stoner, la discipline pourrait être relancée, que Lorenzo pourrait avoir envie de remporter la couronne à la régulière pour prouver qu’il reste le patron même quand Stoner est là. Quant à l’australien on peut supposer qu’il aura le désir de montrer qui il est, avant de se retirer définitivement. Et de faire mentir Enzo Ferrari, qui affirmait qu’un pilote qui vient d’avoir son premier enfant, perd une seconde au tour sur tous les circuits.

Mais j’ai peur que non et que ce championnat reste le somnifère habituel de mes dimanches de digestion. D’ailleurs si comme moi vous jouez au tiercé du MotoGP, le Foutraque Garage va vous offrir ses pronostics pour les dix courses à venir : Stoner, Lorenzo, Pedrosa. Voilà. (La moto c’est mon dada :).

En revanche les autres disciplines nécessitent que je les regarde à côté d’une bouteille d’oxygène pour reprendre mon souffle après avoir été si longtemps en apnée. C’est le cas pour les courses de Moto 2 et 3. Et encore plus pour celles de SBK (comprendre Superbike) qui sont pour beaucoup dans cette maladie dominicale. Cette année, les premières courses ont été tellement disputées que bien malin celui qui aurait pu trouver le tiercé gagnant. Par exemple quand en MotoGP les podiums se partagent entre Honda et Yamaha, en SBK presque toutes les marques ont une chance de gagner et des pilotes qui s’illustrent. On se souviendra de celles de Donington riches en rebondissements. D’abord parce que BMW, qui courrait après des résultats depuis des années a enfin réussi dans la première manche à atteindre le podium en plaçant aux deux premières places des motos de la marque.

Et puis il y a eu la deuxième course. Après l’élimination sur chute de Carlos Checa, le champion du monde sortant, donné comme un des favoris, il y eut bagarre, sorties de piste et changements de position dans presque tous les tours, entre Leon Haslam, Max Biaggi, Marco Melandri et Johnny Rea. Et jusque dans le dernier virage, alors que les deux BMW paraissaient avoir course gagnée, Johnny Rea tenta une manœuvre que le monde aseptisé du MotoGP aurait sanctionnée, mais qui dans ce monde plus agressif, parue presque normale.

En tout cas, pour avoir quelques frissons, m’agiter sur mon canapé, et me continuer à me demander si une marque de motos de vieux a encore des chances d’être devant, je sais maintenant quelles courses regarder. Faudra juste pas oublier la fameuse bouteille d’oxygène.