Dans les requêtes qui amènent des lecteurs à se perdre ici, il y en a deux principales. L'une d'elles concerne la recherche d'une moto pour débutant et les envoie sur ce papier à propos du marketing étrange de la Gladius. L'autre demande "comment se faire un cafe racer ?". Parfois on comprend là que la relève est assurée par une nouvelle génération de motards, la question étant plutôt posée sous la forme "je veut un KféRacer, koman y fo fer".

Cette requête revient souvent dans les stats de ce garage un peu foutraque. A croire qu'après des années de domination des trails qui sans jamais l'avoir vu, sentaient bon le sable chaud, après l'invasion des supersportives capables de 300 sur des routes limitées à 90, après les customs pour faire komsikonavé une harley, le summum de la coolitude tient maintenant dans la possession d'un cafe racer.

Pour le plus grand malheur de l'internaute perdu, il faut avouer que la définition de ce qui fait un cafe racer n'est pas très simple à trouver. Même Wikipédia s'y perd un peu et en donne une description peu claire, comme si le concept était lui-même mal défini. Et ça n'est pas la lecture du seul magazine éponyme qui apportera une réponse précise. Il est vrai que dans ses pages, on y trouve à la fois du tromblon bricolé avec de la pièce de récup', de la sportive haut de gamme faite à la main par quelque orfèvre de la lime et du chalumeau et pour finir de la japonaise de base sur laquelle un obscur lecteur aura posé un guidon bracelets et un feu rouge à diodes, suppliant ensuite la rédaction pour que la photo de l'objet passe dans le magazine.

Alors les internautes perdus qui veulent être cool sont encore plus perdus. Pourtant mes amis, la recette est simple. Et le foutraque garage ne pouvait pas passer à côté de ce phénomène de société et donnera dans ses colonnes, les trucs pour se faire son propre cafe racer.

Mais pour commencer la construction de votre culture, chers internautes perdus, voici une liste de noms communs et d'adjectifs pris au hasard et mis en perspective avec le concept du cafe racer.

Léger : Bien
Le cafe racer ne peut pas être un engin lourd, il doit être vif comme l'éclair et agile comme l'anguille qui par ses mouvements semble montrer les sinuosités dans lesquelles elle excellera. La chasse au kilo sera donc de mise chez lui et tout le superflu jeté à la poubelle. C'est à ce prix seulement que le cafe racer sera capable de se jeter dans les courbes comme l'huissier sur le rmiste.



Froid : Pas bien.
En dehors de la glace que vous aurez jetée dans votre verre à la terrasse des bistros le temps d'observer avec fierté les envieux en train de mater VOTRE cafe racer, le froid n'a rien à faire dans le monde du cafe racer. C'est même tout le contraire ! Un cafe racer doit évoquer la chaleur du métal proche de la fusion et la fièvre que provoque sa conduite. Vous en aurez d'ailleurs la confirmation en lisant CAFE RACER MAGAZINE qui vous le prouvera en l'écrivant au moins une fois par page : le cafe racer DOIT ETRE "de feu". Avec quelques variations possibles évidemment. Parfois il sera "pisse-feu", d'autre fois il sera "capable de mettre le feu au goudron".

Daytona_Fire_Motorcycle
Etre de feu c'est bien. Etre en feu c'est moins bien.
Peut-être la devise de la compagnie aérienne Lauda Air.


Discipliné : Pas bien.
Le cafe racer est une moto de rebelle, qui n'obéit donc à aucune des règles imaginées par la société. Par contre, dans ce monde de rebelles et de liberté, vous prendrez soin de respecter à la lettre les canons particuliers au genre. Ceux qui roulent et possèdent des cafe racers vous l'affirmeront sans complexe : jamais ils ne sont soumis, obéissants et dociles. Ca c'est juste bon pour les motards du dimanche en routière GT voire pour les motards du lundi en break familial. Aussi le cafe racer doit être le plus loin possible de la moto homologuée dont il est tiré. Il doit être trop bruyant, trop rapide et pas assez visible.

Simple : Bien.
Dans la mesure où on l'aura débarrassé de tout ce qui ne sert à rien, le cafe racer est de fait un engin à l'opposé de l'amphigourique. Il ne possède ni système obscur ni mécanique inexplicable et chez lui, tout ce que l'œil voit, l'œil le comprend. Pas d'EXUP, de SRAD, de VTEC ou de BITOS.(*)  Parfois à force de dépouillement, le regard arrive à passer à travers la boucle arrière du cadre qui aura été vidée de sa batterie ou de sa boîte à air. Le cafe racer devient a priori une machinerie simple qui rassure le mécanicien amateur.

Des questions ?
Bien. La prochaine fois on expliquera comment choisir la moto qui servira de base.

(*) le BITOS est un concept déposé par le Foutraque Garage. Ça ne sert à rien mais ça fait bien sur un flanc de carénage. Voir nos avocats pour un achat éventuel du brevet ou une fabrication sous licence.

Crédit photo : cette photo a été prise à Daytona. Malheureusement, personne ici ne sait par qui.