[EDIT de tout de suite : vaut mieux que je laisse que les images, comme ça personne comprend que j'ai Alzheimer :-) ]

On peut avoir passé sa vie entière le cul posé sur des motos et être passé à côté du Graal sans le savoir. C'est ce que je me suis dit en essayant des Moto Guzzi. La toute première c'était celle de Sté, une 850 T5 "caférisée". Je me souviens avoir trouvé le moteur vivant, généreux en sensations et expressif même dans ses vocalises. Mais la monte en roue de 16 pouces, comme je le soupçonnais a priori m'avait laissé un goût de perfectible, tant j'avais l'impression qu'en ligne droite, la moto cherchait un peu sa route. Je me souviens aussi d'une longueur inhabituelle pour moi, gênante dans les épingles et les coins de rue mais qui la verrouillait comme sur un rail une fois sur l'angle.

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La deuxième fut plus impressionnante encore. C'était un pur cafra, au moteur de 1000SP monté dans un cadre de 850 Le Mans sous des habits d'anglaise. Une moto nickel, travaillée dans ses moindres détails et comme bichonnée à la brosse à dents et au coton tige. Sur cette moto, encore plus que sur la précédente, tout le corps parcouru par de bonnes grosses good vibes, je découvrais en à peine 40 kilomètres des sensations déjà connues, mais jamais rencontrées à un tel niveau. Dans les courbes, la moto se couchait sur l'angle avec décontraction et y restait jusqu'à la prochaine ligne droite. Sur les joints de goudron, elle donnait des coups de raquette dans mon dos. Et surtout, à certains régimes de rotation, elle était habitée par des vibrations à basse fréquence, qui remontaient dans les rétros et le compteur devenus illisibles et jusque dans ma tête, me laissant l'impression de piloter un vieil avion qui tremblait de toute sa carcasse pendant un piqué vertical.

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Et puis grâce à plusieurs réseaux parallèles d'amateurs inconditionnels, je me rendais compte que trouver de la pièce, même neuve, n'était pas un problème, contrairement à ce qui se passe pour des motos un peu anciennes de nombreuses autres marques. J'avais donc enfin trouvé la moto idéale, celle que l'on peut encore faire rouler même en temps de crise, celle que l'on peut choisir quand on en a assez d'être victime de la maladie des plans marketing qui fait croire que plus, c'est mieux.

C'est pour ces raisons que je crois avoir enfin trouvé la moto idéale, celle que l'on peut encore faire rouler même en temps de crise, celle que l'on peut choisir quand on en a assez d'être victime de la maladie des plans marketing qui fait croire que plus, c'est mieux.

C'est donc décidé : je vais abandonner mon gros bicylindre pour un plus petit, en 850 ou en 1000, que je prendrais soin de choisir parmi les Guzzi à cadre Tonti. Et si possible équipée de roues à rayons. Pour la gueule.

La dernière à vendre que je suis allé essayer étant victime d'une fuite d'huile qui aurait nécessité des travaux un peu importants, je continue donc à chercher l'oiseau rare. Si vous en connaissez un, n'hésitez pas, je reste connecté.