Il y a quelques mois, j'étais prêt à commencer un bricolage sur une base de Solex. L'idée de départ était de le modifier pour en faire un engin qui aurait ressemblé à une moto de course des années 10, 20 ou 30, de celles que l'on disputait sur les grands anneaux en bois aux Stètes. Il y avait là une source d'inspiration presque sans limite et bien dans l'esprit cafe racer puisque ce qui caractérisait ces motos, c'était leur dépouillement extrême. On sait que la fonction créé l'organe. La leur se limitant à aller vite sur des circuits sans virages serrés, la liste des organes se résumait donc à presque rien. Deux roues, un moteur le plus performant possible, un cadre le plus souvent sans suspensions et peut-être pas de frein.

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Indian 1912


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Excelsior




J'en étais à me demander comment donner à un Solex un aspect plus agressif que celui de vélo de femme ou de curé qui le caractérise, quand je suis tombé sur cette annonce sur le coin coin. Il s'agissait d'un Poney Motobécane sans plaque constructeur permettant de définir rapidement son année de fabrication.

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Voilà donc la première vision que j'en eus. Celle d'un engin probablement aimé par son propriétaire dans les années 40 et dépouillé par des petits salopiauds dans les années 60, 70 ou 80, pour aller faire les cons dans les vignes. C'était parfait pour moi : vu le prix plus que modique de l'engin et l'absence de nombreuses pièces, en bricolant cet engin selon mon envie, je ne risquais pas de brimer les intégristes de la restauration à la rondelle d'origine. Et puis il avait une fourche à parallélogramme et un arrière rigide.


C'est toujours touchant d'essayer de redonner vie à une machine ancienne qui aurait pu finir dans une décharge. Plus le démontage avance et plus on devine de son histoire, plus on comprend l'évolution des techniques. Par exemple la culasse était fixée sur le cylindre par 4 écrous de 7 (au pas de 100 ?) à desserrer avec une clé de 11, rarement utile de nos jours. L'un d'eux était malgré tout différent et nécessita l'emploi de la plus utile clé de 12. J'imagine que perdu lors d'un démontage précédent, l'écrou manquant fut remplacé par celui qu'on trouva à l'époque.

Pareil, le cadre dans sa partie avant montra après démontage du réservoir, des traces de soudure qui laissaient penser qu'un des pilotes me précédant avait dû se prendre un joyeux soleil.

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Le démontage continua, la brosse métallique et le bac à dérouiller furent souvent utilisés. Au fil des semaines, je voyais plus clairement ce que je désirais.
A suivre…

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