C’était hier soir mercredi sur M6. Un reportage que la chaîne nous annonçait passionnant sur l’accidentologie des deux roues à Paris. Vélos, scooters et motos. D’abord, une caméra embarquée dans un taxi, nous montrait force infractions commises par des cyclistes. Forcément, le chauffeur du dit taxi qui se présentait lui-même comme quelqu’un de "zen" prenait à témoin la caméra demandant toutes les deux minutes "lequel de ces cyclistes je dois écraser ?".

Ensuite on nous présentait un gentil automobiliste qui ayant fait un demi-tour en plein boulevard pour éviter un embouteillage, avait renversé un scooter. Le conducteur du scooter gisait par terre, "pronostic vital engagé" disait le médecin du SAMU. L’automobiliste expliquait "qu’il avait fait attention mais qu’il ne l’avait pas vu (sic)", "que le scooter arrivait trop vite de toute façon". Tout à fait le genre d’attitude habituelle du connard qui voulant gagner deux minutes, risquait trente ou quarante ans de la vie d’un autre en l’envoyant ad patres. Et qui pour finir, ne voulait pas assumer sa responsabilité.
Heureusement, en fouillant les affaires du conducteur du scooter, la police trouvait un peu de "résine de cannabis". L’honneur de l’automobiliste était donc sauf.

Pour finir, un gradé de la police filmé lors de contrôles d’alcoolémie de nuit. "Les contrôles sont ciblés sur les deux roues, mais on n’arrête aussi quelques voitures pour pas être accusés de ségrégation", nous disait il. A la question du journaliste à propos des résultats, le policier, sûrement un génie des statistiques avouait qu’un motard sur deux contrôlés, était en infraction vis-à-vis de l’alcoolémie.

Alors c'est vrai qu'il ne faut pas se voiler la face et avouer qu'en zone urbaine dense, bien des comportements de conducteurs de deux roues, motorisés ou non, relèvent de la rébellion vis à vis du code de la route, puisque même rouler dans un couloir de bus, ou remonter une file de voitures reste interdit.
Mais finalement, quel était l'objectif d'un tel reportage ?
Préparer le terrain à une répression plus sévère, sans "discernement" ?
Monter les français les uns contre les autres afin d'énerver la vox populi et lui inspirer la demande de réactions plus dures de la part de la police ?

Quoiqu'il en soit, tant ce reportage me semblait de nature à attiser les haines entre catégories, il ne risquait pas de calmer les comportements, ce qui pourtant aurait pu être propice à une amélioration des statistiques d'accident en faisant prendre conscience à chacun que l'autre est fragile.

En même temps, que pouvait-on attendre d'autre de la part de M6 ?